Né en 17 à Leidenstadt

Chanson


En 1990, ado, j’étais déjà fan de Jean-Jacques Goldman (comme beaucoup à cette époque-là et depuis). J’ai donc acheté un CD intitulé Fredericks-Goldman-Jones qui m’a beaucoup touché et dont l’une des chansons m’est revenue à l’esprit récemment. 

Elle s’appelle « Né en 17 à Leidenstadt » et elle est chantée par Carol Fredericks, Jean-Jacques Goldman et Michael Jones.

En voici les paroles :

Et si j’étais né en 17 à Leidenstadt
Sur les ruines d’un champ de bataille
Aurais-je été meilleur ou pire que ces gens
Si j’avais été allemand ?
Bercé d’humiliation, de haine et d’ignorance
Nourri de rêves de revanche
Aurais-je été de ces improbables consciences
Larmes au milieu d’un torrent ?
Si j’avais grandi dans les docklands de Belfast
Soldat d’une foi, d’une caste
Aurais-je eu la force envers et contre les miens
De trahir, tendre une main ? 
Si j’étais née blanche et riche à Johannesburg
Entre le pouvoir et la peur
Aurais-je entendu ces cris portés par le vent
Rien ne sera comme avant ? 
On saura jamais c’qu’on a vraiment dans nos ventres
Caché derrière nos apparences
L’âme d’un brave ou d’un complice ou d’un bourreau ?
Ou le pire ou le plus beau ?
Serions-nous de ceux qui résistent ou bien les moutons d’un troupeau
S’il fallait plus que des mots ? 
Et si j’étais né en 17 à Leidenstadt
Sur les ruines d’un champ de bataille
Aurais-je été meilleur ou pire que ces gens
Si j’avais été allemand ?
Et qu’on nous épargne à toi et moi si possible très longtemps
D’avoir à choisir un camp

Les paroles me touchent beaucoup parce qu’elles évoquent les actions de personnes ordinaires dans les situations de guerre ou d’oppression. 
Mes parents on vécu ça lorsqu'ils étaient jeunes, et c'est hélas un sujet toujours d’actualité dans un monde où il semble plus facile de voir ce qui nous divise que ce qui nous unit…

Si...

Bref. Étant maintenant prof de français, j’ai pensé que cette chanson serait utile à ceux qui étudient ou révisent les structures en ‘si’ :

1) Si + présent, futur           
→  l’action est possible et probable

2) Si + imparfait, conditionnel   
→ l’action est probable mais il y a un doute sur sa réalisation

3) Si +plus-que-parfait,  conditionnel passé   
→ l’action est passée donc impossible, c’est donc hypothétique


Exemple

      1) Si j’ai le temps, je le ferai.     
= J’aurai probablement le temps donc il y a de bonnes chances que je t’aide.

2)  Si j’avais le temps, je t’aiderai.
=  cette phrase sera  probablement suivie de « mais hélas je doute avoir le temps » donc possible mais pas sûr du tout

3)   Si j’avais eu le temps, je t’aurai aidé(e).
= Je n’ai pas eu le temps, donc je ne t’ai pas aidée, mais j’aurais aimé t’aider.

Dans la chanson, les auteurs parlent de situations hypothétiques donc ils utilisent la structure numéro 3 :  Si + plus-que-parfait, conditionnel passé  


P.S.

Dans les deux dernières lignes :
Et qu’on nous épargne à toi et moi si possible très longtemps 
D’avoir à choisir un camp

le verbe épargner ("to spare") est au subjonctif car il exprime un souhait.


Merci

Merci aux trois chanteurs dont les paroles et la musique continuent à m’émouvoir et à me faire réfléchir…


Merci à Jean-Jacques Goldman d’avoir partagé les paroles ici : https://jjgoldman.net/jean-jacques-goldman/chansons/ne-en-17-a-leidenstadt/


Les auteurs 

Hélas, Carole Fredericks est décédée en 2001 mais vous pourrez découvrir cette chanteuse exceptionnelle ici : https://fr.wikipedia.org/wiki/Carole_Fredericks

Jean-Jacques Goldman habite apparemment maintenant  à Londres (hi there, fellow immigrant !). Vous trouverez toute son œuvre ici : https://jjgoldman.net/

Michael Jones sera en TOURNÉE dans toute la FRANCE ainsi qu'en BELGIQUE et en SUISSE en 2017 ! http://www.michael-jones.net/



« Et qu’on nous épargne à toi et moi si possible très longtemps

D’avoir à choisir un camp »

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